Source photo : Compte FB de l'acteur

De par Dieu nous apprendrons des choses, Depardieu les sait déjà !

C’était le grand soir.
C’est au 36 quai des Orfèvres, autour d’un buffet froid aux saveurs umami, que je faisais la connaissance de Vincent, François, Paul et les autres, tous en tenue de soirée. Drôle d’endroit pour une rencontre..

La femme d’à côté venue avec son ami Jean de Florette s’impatientait, comme moi, de rencontrer le robuste et irréductible Gérard, dit Bonne Pomme. J’avais l’air d’une potiche assise sur le divan de Staline, la tête en friche d’avoir arpenté, la veille, la rive droite et la rive gauche toute la nuit. Hélas pour moi, Gérard avait du retard. Coincé dans le grand embouteillage de la rue du départ, il avait décidé de prendre le dernier métro. Il faisait nuit, la lune était dans le caniveau et c’est sans arme, ni haine, ni violence que deux fugitifs lui avaient piqué ses clés de bagnole : une pure formalité. « RRRrrrr !!! » l’instinct de mort de Gérard, le tueur, le poussait alors à expédier un bon coup de pied dans les valseuses des compères. C’est tel le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques que s’exprimait toute la douleur des deux hommes dans la ville.

« Olé ! Ce n’est pas si méchant que ça », répliquait Gérard en haussant les épaules.
La police alertée, c’est l’inspecteur la bavure, Vatel, ce tartuffe et ses anges gardiens, qui prenaient l’affaire en charge.
« Oh, mon Loulou, t’es sorti du placard ? » s’exclamait Gérard voyant arriver son ami avec les chiens.
« Le retour de Martin guerre en personne ! Comme mon père, ce héros… Alors Boudu, tu me fais de la concurrence déloyale en jouant les justiciers ? »
« Ne m’appelle pas Boudu mon coco. Je ne fais concurrence qu’à Maigret. Alors, tu m’envoies un convoi exceptionnel pour arrêter ces deux crétins ou tu les envoies en thalasso ? »
« Je vais plutôt les envoyer à la maison de retraite ! Fahim et Viktor, je connais bien ces deux hommes. Ils s’échappent régulièrement de la pension de vieux du coin. La dream team de la Valley of love ces deux-là ! Il y en a même un qui est amoureux de ma femme ! »
« Nathalie… Comment elle va ? »
« Tais-toi ! Je n’ai rien oublié de vos mystères à Saint-Tropez, dans cette maison aux volets verts. C’était le saint amour tous les jours avec l’autre Dumas ! »
« Je n’ai rien fait, je gardais juste la môme. C’était pas l’affaire Dominici non plus, hein… »
« Pendant qu’elle fricotait avec des coeurs inconnus en leur disant des mots d’amour dans un lit XXL, t’as choisi le pacte du silence. Le nez des menteurs s’allonge, monsieur Cyrano de Bergerac… »
« Ce sont les temps qui changent, pas les gens. Ta femme retournera un jour à Bimboland et je me retrouverais à nouveau sur un pont entre deux rives. T’as bien eu une maitresse avant ta dernière femme ! »
« J’en ai assez entendu ! Hello et goodbye, je préfère qu’on reste amis quand même. J’embarque les pépés. Et tu vas où comme ça ? »
« À une soirée disco. Mon agent maintient une cadence obstinée pour des rencontres avec des fans et autres groupies aux illusions perdues. »
« Ah ah, le rendez-vous de la mort joyeuse ! Tu fais le plus beau métier du monde, amuse-toi bien !

Gérard reprenait sa route.
Il arrivait alors, investissant les lieux comme le fort Sagane, saluait quelques personnes, embrassait une femme ou deux et déclarait à son agent Camille Claudel : « I want to go home. »
Préparez vos mouchoirs, Gérard repart.
C’était le bouquet final de cent et une nuits d’attente pour l’apercevoir. Après avoir obtenu des vacances sur ordonnance, j’avais fait le tour de France, une véritable odyssée de Pi pour voler un baiser papillon à Gérard. J’espérais obtenir la green card pour accéder à son univers, mais je n’avais pas le choix des armes. J’aurais aimé qu’il me décroche les étoiles.

Depuis ce jour, tous les matins du monde, sous le soleil de Satan, cet homme qui rit me laisse un beau soleil intérieur. Merci la vie.
Dans les confins du monde, je suis condamnée à vie à ne jamais le rencontrer. Et on ne vit qu’une fois… Dites-lui que je l’aime…

 

Un artiste, une histoire », c’est un moment purement fictif, une écriture instinctive dans un coin de canapé à une heure improbable

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