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ÉPISODE 5/14

 Pendant cette période de confinement, je vous propose de découvrir ou redécouvrir gratuitement la saga de l’infidèle dont la première saison est sortie en août 2016 en numérique et papier sur Amazon et autres plateformes en ligne. La saison 2 est prévue pour le 25 mai 2020 en numérique et papier également.
Je publierai deux épisodes par semaine de la saison 1 : le mercredi et le samedi.


ÉPISODES PRÉCÉDENTS / 1 Le temps des doutes2 La surprise3 L’angoisse4 Le choc


5-La confrontation

 

Carl ne laissa pas le temps à Anna d’ouvrir la bouche. Les yeux furibonds, il l’attrapa par le bras en hurlant :

— C’est quoi ce bordel ! Qu’est-ce que tu manigances ? Tu connais ma femme ? Réponds !
— Calme-toi ! Lâche-moi ! laisse-moi t’expliquer…
— Expliquer quoi ? Qu’on doit se voir à un dîner demain soir ? Que tu fréquentes Stan Richard ?!
— C’est plus compliqué que ça…
— Compliqué ? Le mot est faible, tu ne crois pas ?
— Carl, je te jure que je ne savais pas qu’Éléonore était ta femme. Je la connais depuis un an.
— Depuis un an ? répondit-il consterné. Et tu me tombes dans les bras il y a six mois ?!
— Ne joue pas ce jeu-là avec moi, c’est déjà assez difficile pour moi d’apprendre que mon amant est le mari d’une amie.
— Allons bon ! Une amie !

Carl dégagea dédaigneusement Anna, la libérant de la pression de ses mains. Il se laissa tomber sur le canapé, abattu. Anna vint s’asseoir à côté de lui :

— J’ai fait la connaissance de ta femme il y a un an à l’hôpital. J’étais enceinte et je ne pouvais pas garder ce bébé pour des raisons médicales. J’ai donc dû prendre une décision difficile car mon état de santé était préoccupant. Stan m’a dit qu’Éléonore s’occuperait très bien de moi.

— Enceinte ? Ne me dis pas que…Le salopard !
— Non Carl, écoute-moi. Le téléphone portable de Carl sonna. Il décrocha machinalement en soupirant :
— Oui allo ?
— Monsieur Carl Muller ?
— Lui-même.
— Bonjour, urgences de l’hôpital. Votre femme vient d’être admise dans notre service suite à un accident de voiture. Elle a été prise en charge par ses collègues. Pourriez-vous venir immédiatement ?
— Mon dieu ! J’arrive tout de suite !

Carl raccrocha en tremblant. Anna le regardait désemparée :

— Tout va bien ?
— Éléonore est aux urgences. Accident de voiture. Je pars tout de suite.
— Oh non ! Je viens avec toi.
— Tu te fous de moi ? Reste ici. On réglera notre problème plus tard. Je n’en ai pas fini avec toi.

Il partit en claquant la porte. Anna resta inerte sur le canapé. La situation devenait compliquée et fatigante. Elle était à bout. Elle décida d’appeler Stan :

— Anna, ma chérie ! Comment vas-tu ? Pas trop fatiguée ?
— Je ne vais pas très bien, il faut que je te parle, c’est très important.
— On se voit demain au dîner, c’est si urgent que ça ?
— Oui, il faut que je te parle avant demain. Tu peux passer ?
— Oui bien sûr mon ange, il n’y a rien que je ne ferai pour toi.
— Merci, je sais que je peux compter sur toi. A tout de suite.

Anna raccrocha, la mine mêlée de tristesse et de réconfort. Elle faisait le point. Elle avait si longtemps déambulé avant de connaitre une vie décente. Elle avait quitté sa mère adoptive très jeune pour suivre sa voie. Les conflits qui les opposaient étaient devenus trop difficiles à supporter. Elle avait alors profité d’une rencontre amoureuse pour partir de la maison à vingt ans avec son prince charmant comme elle le croyait. Le charme était vite devenu de l’emprise et la vie d’Anna, un enfer. Lorsqu’elle eut la force de quitter son bourreau, elle retourna chez sa mère avant de passer un diplôme d’aide-soignante et de prendre un appartement après l’obtention de celui-ci. Elle exerça quelques années. Malheureusement, sa santé la privait aujourd’hui de son travail.

*******

Carl entra dans l’hôpital et se rendit à l’accueil :

— Bonjour, ma femme Éléonore Muller vient d’être admise suite à un accident de voiture.
— Oui, monsieur Muller, le confrère de votre femme arrivera dans un petit instant, je vais vous demander de patienter.
— Dites-moi au moins si c’est grave ? Dites-moi quelque chose.
— Je suis désolée, je n’en sais pas plus monsieur Muller.

Carl trouva une place pour s’asseoir et patienter. Tête baissée, les coudes sur les genoux, il essayait de reprendre ses esprits. Il agitait les jambes, signe d’une grande nervosité. Tout se mélangeait dans sa tête. Ces dernières 48 heures étaient un condensé de stress et de situations inexplicables voire même inextricables. Sa femme était sur un lit d’hôpital victime d’un accident de voiture, il allait devoir affronter son regard sans être certain de ce qu’elle savait. C’est à ce moment qu’il réalisa. Affronter son regard ? Et si elle était dans le coma ? Si son accident était grave ? Il n’osait y penser. Il comprit alors qu’il préférait affronter le regard de sa femme sachant tout, plutôt que d’envisager un seul instant qu’elle ne soit pas éveillée.

— Carl ?
— Ah ! Éric, s’il te plait, dis-moi qu’elle va bien ?
— Rassure-toi, nous prenons soin d’elle. Rien de méchant, mais le choc a été violent. Elle a brûlé un feu rouge à grande vitesse. La collision était inévitable.
— Ça ne lui ressemble pas. Je suis sûr que c’est ma faute… Je suis sûr qu’elle sait…

Carl se prit la tête entre les mains :

— Carl ? Qu’est-ce que tu racontes ? Tu es sous le choc, tu devrais aller te rafraîchir, je t’emmènerai ensuite voir Éléonore.

— Non, ça va aller, je veux la voir maintenant.
— Elle est sous antidouleurs puissants. Son airbag n’a pas fonctionné. Les contusions sont multiples mais pas graves. Il faudra cependant qu’elle porte une minerve quelque temps. Nous la gardons en observation jusqu’à demain. Ensuite, elle pourra sortir.

Carl entra dans la chambre, fébrile. Éléonore était endormie. Il regarda son visage meurtri, ses bras, ses mains, sa poitrine. Il approcha une chaise, se posa près du lit, lui prit la main et se mit à sangloter. Il pleura si longtemps qu’il finit par s’endormir. Une main ferme le secoua :

— Carl ? Carl ? Réveille-toi !
— Éric… Pardon, je me suis endormi. Mais quelle heure est-il ?
— L’heure de rentrer chez toi. Éléonore va dormir encore un moment, tu devrais rentrer te reposer. Reviens demain matin, je serai là. Ne t’inquiète pas, je te préviens si besoin.

Carl n’avait pas la force de résister à Éric qui lui demandait de partir. Il s’exécuta. Il embrassa sa femme et sortit. Il se dirigea vers sa voiture telle une machine, il était vidé de toute énergie. Il prit place au volant et songea qu’il fallait prévenir Éva. À cette heure, elle devait être à l’institut.

*******

Anna ouvrit la porte pour laisser entrer Stan. Il l’enlaça tendrement pour la rassurer :

— Anna, mon ange, que se passe-t-il ?
— C’est trop dur, je n’en peux plus.
—Ne t’inquiète pas, bientôt tout sera plus clair et nous pourrons nous occuper de ta santé.
— Il ne s’agit pas de ça. Je ne peux pas venir au dîner demain.
— Mais pourquoi ? Tu m’as dit que tu te sentais prête. Je sais que ça risque d’être difficile, mais je dois tout dire à Éva pour nous deux. Je t’aime Anna, il faut avancer maintenant.

*******

Carl entra dans l’institut. Du fond du salon Éva s’écria :

— Quel plaisir ! Une petite visite de courtoisie, comme c’est gentil !

Mais le ton bon enfant retomba très vite quand elle vit le visage gonflé de Carl :

— Éva…Éléonore est à l’hôpital. Elle a eu un accident de voiture.
— Non ! Non ! Ce n’est pas possible ! Comment va-t-elle ? Que s’est-il passé ?
— Elle roulait trop vite, elle a brûlé le feu rouge.
— Surprenant, elle qui est si prudente.

Carl baissa la tête.

— Rassure-toi, elle va bien, mais elle souffre de contusions. Elle reste sous surveillance jusqu’à demain.
— Je vais passer voir Stan au bureau et lui demander de m’accompagner à l’hôpital, répondit Éva. Nous devons remettre cette soirée de demain à plus tard. Je vais lui dire qu’il prévienne son amie que nous reportons.
— Inutile de passer à l’hôpital, Éléonore est sous médicaments, elle dort et je n’ai pas pu lui parler. Nous irons demain si tu veux. Je vais rentrer.
— Très bien, tu as raison. Moi je file au bureau, Stan ne termine que dans une heure. Elle laissa la direction du salon à sa collègue et partie trouver Stan…

 

 

A SUIVRE ….

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Prochain épisode le samedi 11 avril 2020.

 

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