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ÉPISODE 2/14

 Pendant cette période de confinement, je vous propose de découvrir ou redécouvrir gratuitement la saga de l’infidèle dont la première saison est sortie en août 2016 en numérique et papier sur Amazon et autres plateformes en ligne. La saison 2 est prévue pour le 25 mai 2020 en numérique et papier également.
Je publierai deux épisodes par semaine de la saison 1 : le mercredi et le samedi.


ÉPISODE PRÉCÉDENT / 1 Le temps des doutes


2-La surprise

 

Carl était en route pour le restaurant où l’attendait Éléonore. Nerveux et sans le moindre appétit, il était convaincu que le temps allait lui paraître plus long que jamais pour cette pause déjeuner de deux heures. Éléonore avait choisi un restaurant italien, l’Al Bacio sur l’avenue de la Boudronnais dans le 7ème arrondissement de Paris où ils habitaient. Elle pensait que cet endroit serait parfait pour un déjeuner un jour de semaine et de surcroît proche du lieu de travail de Carl. Éléonore était médecin à l’hôpital. Elle adorait son métier, peut-être un peu trop aux yeux de son mari. Il était donc rare qu’elle puisse se libérer, ce qui ne le rassurait pas sur la raison de ce déjeuner. Il entra dans le restaurant, balaya la salle du regard, mais ne vit pas sa femme. Un serveur le voyant perdu s’approcha et lui demanda s’il avait réservé. Mais Carl resta muet, les yeux fixés sur la créature qui venait d’entrer et de le dépasser sans même le voir.

— É…Éléonore ?
— Ah, tu es là ! Je suis vraiment désolée, je pensais arriver avant toi. Un petit contretemps m’a retardée. On s’assoit ?

Le serveur les installa et leur apporta la carte. Carl n’avait toujours pas pu prononcer un mot. Il contemplait sa femme d’un air hébété tel un ours devant un pot de miel. Éléonore était une très belle femme d’une beauté placide, mais d’ordinaire plutôt classique, tirée à quatre épingles, un peu stricte et les cheveux souvent attachés. La femme qui se tenait devant lui n’était pas celle qu’il avait laissé la veille avant de rejoindre sa maîtresse.

— Eh bien chéri, tout va bien ? s’étonna Éléonore.
— Tu es si…sexy ! Carl avait les épaules tombantes, les yeux écarquillés, un air niais, et glissait de plus en plus sur sa chaise. Visiblement, cela amusait beaucoup Éléonore qui faisait mine de ne pas comprendre.
— Tu es sûr que ça va ? pouffa t-elle.
— Oui…oui, ça va, c’est juste que…
— Je suis sexy, j’ai compris. Je ne te plais pas ? Je me suis accordé une matinée rien que pour moi. Shopping, coiffeuse et je suis passée à l’institut rendre visite à Eva. J’en ai profité pour faire quelques soins et massages. À ce propos, Eva et Stan nous invitent à dîner ce samedi, j’ai dit oui.
— Ce samedi ? Tu aurais pu m’en parler avant.
— J’aurais pu en effet. Tu n’as pas répondu à ma question, je ne te plais pas ?
— Bien sûr que si. Et si je compte le nombre d’hommes de cette salle qui se sont retournés sur toi, je dirais que tu es désirable et très attirante.

Éléonore était transformée. Elle portait une robe bustier courte, blanche à motifs colorés façon Patrice Murciano, près du corps, qui laissait voir ses sublimes épaules sur lesquelles tombaient ses cheveux mi-longs noirs légèrement bouclés. Cintrée à la taille, rehaussée d’un volant, cette petite robe dessinait chaque courbe de son corps. Des escarpins terminaient ses divines jambes dorées par le soleil. Elle arborait un fin collier qui surplombait son décolleté suggestif. Elle était resplendissante.

— Comment va Eva ? demanda Carl
— Très bien. Elle est ravie de nous avoir à dîner samedi.
— A ce propos… Pourrait-on reporter ce dîner ?
— Pourquoi ? Tu as quelque chose de prévu peut-être ?

Le ton d’Éléonore était ironique. Les éventuels soupçons de sa femme pesaient sur Carl.

— Non pas du tout. Je ne vois pas ce que je pourrais avoir prévu un samedi soir à part être avec toi, répondit-il.
— Bien, alors allons à ce dîner, ça nous détendra. Carl soupira.
— D’accord, allons-y et profitons de l’air idiot et affamé que Stan affiche chaque fois qu’il te voit !
— Carl, je t’ai déjà dit à maintes reprises que tu te faisais des idées. Stan m’apprécie comme je l’apprécie, mais il reste le compagnon de mon amie d’enfance et rien de plus.
— Pour toi peut-être, pour lui j’en suis moins sûr…
— C’est possible de ne pas revenir là-dessus, s’il te plaît ?
— Je n’aime pas la façon dont il te regarde. Il a pour toi une telle admiration que tu pourrais lui demander n’importe quoi !
— Jaloux ? Tu n’as pourtant aucune raison de l’être…

Encore une phrase à double sens pour Carl qui ne savait plus comment interpréter les paroles de sa femme. Après avoir passé commande, il se ressaisit. Il ne se souvenait pas en dix ans de vie commune avoir vu sa femme aussi magnétique. Cela dit, elle ne perdait rien de sa classe naturelle. Il se souvenait d’elle lors de leur première rencontre. C’était le jour de son entretien d’embauche à la banque, ils s’étaient tous deux télescopés, lui en entrant et elle en sortant. Éléonore était une cliente de la banque. Il ne tarda pas à la revoir souvent puisqu’il avait ce jour décroché ce poste tant convoité. Elle s’était laissé séduire en acceptant sa énième invitation à dîner. Au bout de quelques mois ils s’installaient dans leur appartement haussmannien du 7ème arrondissement de Paris et se mariaient l’année suivante. A cette époque, Éléonore terminait ses études de médecine. Depuis, Carl avait obtenu le poste d’adjoint de direction et Éléonore avait trouvé sa place de médecin à l’hôpital. À 38 ans, c’était une femme sublime, très engagée dans son travail ce qui lui laissait peu de temps pour autre chose et encore moins pour son mari. Comment en étaient-ils arrivés là ? Pourquoi Carl avait succombé à la tentation ?

— Carl ? Tu rêves ?
— Euh…pardon, dit-il confus.
— Monsieur te demande s’il peut servir le vin.
— Tu as commandé du vin ? répondit-il presque choqué.
— Oui, j’ai commandé pendant que tu rêvassais.
— Non, merci, pas avant le travail.
— Avec plaisir pour moi monsieur s’il vous plaît.
— Tu bois du vin avant de prendre ton service à l’hôpital ?
— Je ne travaille pas cette après-midi.
— Un changement de dernière minute ? s’étonna Carl.
— Non, j’ai demandé ma journée.
— Toi ? Tu as demandé une journée ? Pour faire du shopping ?! Et tu ne m’en parles pas !
— Je viens de le faire.
— Tu es surprenante aujourd’hui !
— Je suis si triste que ça les autres jours ? lança-t-elle avec un rictus.

Carl ne répondit pas. Son esprit recommençait à le torturer. Ce déjeuner semblait sortir d’un autre monde. Il ne savait toujours pas si sa femme avait des soupçons sur sa relation avec Anna. L’attitude d’Éléonore était-elle un jeu ou un réel changement ? Mais Éléonore savait… Elle savait que son mari la trompait. Sans preuve, sans savoir qui était cette fille, mais au fond, elle savait. Le déjeuner touchait à sa fin quand le portable d’Éléonore sonna. C’était Eva, sa meilleure amie.

— Oui Eva ?
— Ma chérie, nous avons une invitée inattendue samedi et je voulais savoir si ça ne vous dérangeait pas qu’elle se joigne à nous ?
— Non pas du tout. Au contraire, ça fait du bien de rencontrer de nouvelles têtes.
— Parfait ! Stan ne voulait pas imposer sa présence. C’est une amie de longue date apparemment.
— Comment ça apparemment ? Tu ne la connais pas ?
— Non, je ferai sa connaissance en même temps que vous. La seule chose que je sais, c’est qu’elle s’appelle Anna.
— Très bien, alors à samedi. Je suis sûre que la soirée sera excellente comme toujours. Je t’embrasse.

Éléonore raccrocha.

— Un problème ? demanda Carl
— Pas du tout. Eva voulait juste savoir si une amie de Stan pouvait se joindre à nous samedi. Elle fera sa connaissance en même temps que nous. Visiblement, elle ne la connaît pas. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle s’appelle Anna.

Carl devint soudainement blanc et cru mourir en entendant sa femme prononcer ce prénom. Ses mains se mirent à trembler, son estomac se ferma. Non, ça ne pouvait pas être la même Anna ! Impossible ! Si sa maîtresse côtoyait une homme comme Stan , ce n’était sûrement pas par pure amitié. Carl ne savait plus, sa tête tournait. Il écourta la fin du déjeuner prétextant son retour au bureau. Sur la route, tous les scénarios s’enchaînaient. Et s’il se retrouvait en face de sa maîtresse ce samedi ?

A SUIVRE ….

Copyright myows Texte protégé

Prochain épisode le mercredi 1er avril 2020.

 

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